Livres

 


 

2017

Ne pas dire

Dominique Loreau roman

14 x 20 cm • 48 pages • isbn 9782359840742

Elle ne dit rien, couve le mystère. Pourtant il suffirait d’un seul mot pour les précipiter tous deux dans un avenir immense. Mais alors il faudrait agir, prendre des décisions, engendrant une chaîne infinie de conséquences concrètes et d’effrayants engagements. Choir dans un monde convenu et sans ivresse : appartement compte en banque temps morts nettoyage ronflements. Et en même temps poindront les inégalités, les sentiments d’injustice, les reproches.

Il voue un culte à l’ombre, à la dissimulation qui accroît la puissance de l’amour. L’éclat d’un regard, le mouvement furtif d’un corps, le soupir d’une bouche, ne sont-ils pas plus intenses dans l’éternité de la nuit, échappant à l’ordre du monde ?

Des amants pris par un amour qui se veut hors du temps et des contraintes sociales se défient des mots qui engagent. Ils érigent le silence comme barrière protectrice. Mais, enfermés dans le langage des corps et du sexe, ils étouffent, s’affrontent, s’égarent pour finalement se détruire mutuellement.

Dire pour que s’ouvre un futur, une histoire, une singularité. Dire pour se faire reconnaître de l’autre, lui arracher des aveux et trouver l’apaisement. Le veulent-ils vraiment ?

Jouant avec les clichés de l’amour, le récit de Dominique Loreau oscille entre drame et légèreté dans un texte à la fois brut, distancié et très travaillé, qui flirte avec la poésie. Son écriture fragmentée, au plus près des émotions, ne livre que l’essentiel et plonge le lecteur au cœur des non-dits et de l’amour fusion.

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2016

Papa où suis-je

Dominique Loreau livre d'artiste sorti en 22 exemplaires

Textes illustrés par des gravures originales de Mathias Perez publiés aux éditions Carte Blanche.

Autour d’un grand trou
dans le brouillard immobile et froid
des mottes de terre humide et sombre
un cercueil roux
trente personnes raides et silencieuses
en manteaux d’hiver
regardent avec stupeur le grand trou
Un homme tire une feuille de papier d’un calepin noir

et lit. Sa voix enrouée de chagrin s’éclaircit
il évoque avec emphase et émotion la pensée du mort
une pensée singulière et novatrice
alliant philosophie et poésie
Elle imprégnera à jamais nos esprits et l’histoire de la pensée !
Un fossoyeur en retrait
le corps affaissé sur sa pelle
les mains rougies par le froid
s’ennuyant à mourir attend la fin
en regardant ses bottes crottées

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Un père se meurt. De loin sa fille tente de retenir sa vie par l'imagination et des actes insensés. Comment ne pas disparaître soi-même en ce moment ? Loyauté ambiguë; que garder de l'autre en soi. Vingt-six ans plus tard, voici quelques songeries autour de cette disparition.

 

 


 

2014

L'ombre dans le miroir

Dominique Loreau nouvelles • Lionel Vinche dessins

11 x 19 cm • 152 pages • isbn 9782359840476

A 19 ans, Claire est à la recherche du monde et d’elle-même. En quête d’absolu, elle pense naïvement qu’elle pourra découvrir LA vérité, ou une sorte de formule qui lui permettrait d’appréhender le secret de l’univers. Elle la cherche dans ses rêves, puis dans les livres, puis dans des rencontres de hasard. Dans un bar, elle fait la connaissance de Paul, qui revient transformé d’un pays lointain. Persuadée qu’il a compris des choses essentielles là-bas, elle décide, sur un coup de tête et par amour, de partir pour découvrir ce qu’il a trouvé.

Au cours de son voyage, elle rencontre des hommes et des femmes qui l’accueillent. Elle découvre, apprend, doute de ses références, se dépouille d’elle-même. Comme la vérité recule et se complexifie sans cesse, elle veut aller plus loin : au bout du monde, au bout de ses forces, au bout d’elle-même, jusqu’à accomplir une métamorphose. Quand elle a lieu, ce n’est pas du tout celle qu’elle attendait.

L’écriture de Dominique Loreau nous emmène au plus près des émotions, dans un récit initiatique, une quête de soi et du monde, un parcours métaphysique. Les dessins de Lionel Vinche y répondent en noir et en couleurs. Les traits esquissent la réalité tout en lui donnant cet étrange flou qui brouille le réel. Les dessins rythment le texte comme autant d’étapes du voyage.

"La réussite de L'ombre dans le miroir, au-delà de ses qualités d'écriture et de sa très grande maturité dans l'art du récit, tient dans cette façon si personnelle de nous rendre proche, presque charnellement, ce point de non retour qui, comme il nous fragilise, nous grandit et nous donne à vivre cette ouverture à la musicalité d'un monde, ce monde qui, devenant nôtre, se déploie comme s'ouvrent nos ailes à l'instant de l'envol."

Philippe Simon, mai 2014 (à lire en entier ici)

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2013

À pas brouillés

Dominique Loreau nouvelles • Elsa Cha dessins

14 x 20 cm • 62 pages • isbn 9782359840353

Des histoires de couples qui se font et se défont. Souvent les personnages ne comprennent pas très bien ce qui leur arrive. La réalité les dépasse, ils ne la maîtrisent pas. Surtout quand l’irrationnel fait irruption pour prendre possession d’eux et influencer le cours des choses.

L’amour est au centre, parfois le bonheur affleure et pourtant le désastre n’est jamais loin. Ce moment où les choses glissent inexorablement vers un ailleurs confus et inquiétant.

Jalousie, trahison, fuite nourrissent une même angoisse chez ces personnages décalés. Ils se parlent, mais pas toujours dans la même langue. Et c’est cette incompréhension réciproque qui permet à Dominique Loreau de « transformer le drame en récit ».

À pas brouillés vu par Philippe Simon :

"Les récits qui composent A pas brouillés sont courts, simples, directs et seraient presque réalistes s’ils n’étaient travaillés par une poésie de l’instant. Il y a une adéquation redoutable et une sorte de grâce parfaite entre ce que livrent ici les histoires et la forme d’écriture qui nous les fait vivre et ressentir.

Ils mettent en scène pour la plupart une femme et un homme, un mouvement qui va de cette femme vers cet homme et dans cette relation, un instant singulier de basculement, une déchirure qui pourrait être fatale, irréversible. Les histoires travaillent le temps quand l’éternité s’y cristallise en un moment qui est sans mesure, sans repère, sans contours mais qui contient le sens des possibles. Un moment où la durée est comme trois petits points de suspension entre lesquels se joue le cours d’une vie, de nos vies.

Il y a dans cette langue qu’invente Dominique Loreau, au gré d’histoires à la banalité trompeuse, une forme de suspension affective, entre innocence et incertitude, qui rappelle ce moment où, quittant notre enfance, nous sommes entrés en ces lieux si intenses et si mystérieux de l’adolescence. Elle a les mots de cette intensité et les mots des troubles qu’elle suppose. Elle les conjugue, les décline sans souci d’un âge ou d’une époque dans une sorte d’intemporalité où ces troubles et ces mystères trouvent une énonciation contagieuse. Ses récits nous donnent à voir nos vies avec des yeux lavés de tout ressentiment sans doute, mais aussi avec un regard plus alerte, plus curieux, plus sensible.

La magie de son écriture est aussi à l’œuvre dans ce que ses textes mettent en tension, comme une profonde résonance entre cet art de lier les mots et cet art de lier les êtres. Dans les deux cas, une même façon de densifier ce qui est en présence, une même attention à ce qui s’émeut et peut bouleverser. Et à propos de cette émotion et de ces bouleversements, on est touché par ce que ses histoires laissent deviner d’une autre éducation sentimentale. Si l’instant singulier est le creuset d’un devenir, il ouvre toujours sur de possibles futurs, les déplacements affectifs qu’il suggère relèvent tous de son goût du hors champ, de ce qui ne s’énonce pas mais se devine, se cherche et se découvre par petites touches, j’allais dire par petits touchers.

Ce qu’écrit Dominique Loreau dessine des aventures faites de petits riens qui, imbriqués les uns dans les autres, donnent de nos affects une image mouvante qui a les traits de la vie, de l’impromptu comme de l’improvisé. Et dans ce mouvement qui de l’invisible fait naître une manière de voir autrement, il y a un sentiment libérateur qui pour moi est le propre de ce qui fait la force et la beauté de l’acte d’écrire."

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2010

Loin de Bissau

Dominique Loreau récit • Lionel Vinche dessins

14 x 20 cm • 44 pages • isbn 9782359840056

Dans un village, quelque part en Guinée-Bissau, impossible d’aller plus loin, il y avait devant moi un fleuve, et derrière le fleuve, une forêt tropicale. Assise sur la berge, j’ai regardé des pêcheurs qui ramenaient tranquillement leurs barques, en sortaient des filets où s’agitaient quelques poissons. Un cochon noir reniflait des détritus coincés entre deux racines, trois poules décharnées picoraient des cailloux. Et je regardais tout ça comme dans un rêve. Il régnait une tranquillité pesante, angoissante, une tranquillité qui efface en un instant l’oubli de soi, celui que j’étais venue chercher, une tranquillité qui précipite dans un gouffre intérieur.

Sur une berge africaine, un homme et une femme se reconnaissent. Leur histoire commence là, faite de projets et de rêves d’absolus. De retour en Allemagne, leur vie commune se délite et fait naufrage contre les murs d’une prison bien réelle et contre ceux, invisibles, des rêves qui s’effacent (Philippe Simon). 

Dès ce moment-là, ils ne feront plus que se croiser, tentant maladroitement de reconstruire une idée de relation amoureuse ; avec en toile de fond les tensions politiques de l’après-guerre allemande.

Dominique Loreau offre ici un texte fort servi par une prose poétique toute en suggestion. Les images de Lionel Vinche nous parlent du couple tantôt uni, tantôt absent. Il donne, à proprement parler, corps aux personnages par la matière du dessin.

LOIN DE BISSAU vu par Philippe Simon :

Il est allemand, elle est belge, ils se rencontrent en Guinée Bissau. Ils vont s’aimer difficilement. Le récit de Loin de Bissau pourrait se lire comme une histoire d’amour qui fait naufrage contre les murs d’une prison bien réelle et contre ceux, invisibles, des rêves qui s’effacent et disparaissent. Et ne sont plus que des rêves.

Une histoire d’amour qui se cherche dans cette valse hésitation où le désir d’une autre vie, ce goût premier d’une destinée rebelle, succombe sous les coups de l’absence et les vérités d’un ordre sans désordre. Usure du temps qui passe, fatigue des sentiments, les liens amoureux s’effritent et se diluent au profit d’une existence plus banale et comme sans consistance. Là où la mémoire des possibles révolus se confond aux souvenirs gercés des étreintes, les corps s’appellent toujours mais ne se trouvent plus alors qu’ils se rêvent encore.

Toute une vie en quelques lignes et surtout les fantômes de ces vies qui frémissaient de voir le jour dans la chaleur partagée des rencontres et des retrouvailles. Pourtant Loin de Bissau est bien plus qu’une simple chronique douce amère de ce qui ne fut pas. Lire Dominique Loreau, c’est faire d’abord et avant tout l’expérience d’une écriture magique dans sa puissance d’évocation comme dans sa simplicité. Plaisir d’écriture devenu plaisir de lecture, son art de dire, le style même de ses mots aspire littéralement le lecteur et le plonge dans une aventure où ce qui se lit se décline sur un mode personnel qui nous éveille à nous-mêmes.

Alchimie du verbe, suspension des ellipses, émotion de ce qui se devine loin, profond, caché derrière la trame romanesque, chaque éclat de texte qui compose Loin de Bissau a la perfection poétique d’une voix intérieure qui prend possession de nous et nous captive et nous laisse comme ébloui.

Il y a une vérité dans cette façon d’aller à l’essentiel, de surgir dans ce qui lie les mots en un geste de dépouillement qui ne garde d’eux que la voix qui les porte et les dépose en nous. Texture de l’indicible, fragments de ce qui autrement ne serait que silence, la manière de Dominique Loreau est invention d’un hors champ, d’un non dit qui nous devient personnel.

Ce qui ici trouble et appelle l’adhésion tient moins dans le récit amoureux de deux êtres qui s’éloignent l’un de l’autre que dans cette émotion, cette approche sensible de ce qui leur fait défaut. Dominique Loreau ne propose aucune réponse à cette intrigue de l’éloignement, à cette dépossession de soi même mais par la finesse de son verbe elle nous fait exister sous forme d’émotion ces questions qui cherchent sans cesse à rompre notre isolement, à faire de nos solitudes autre chose qu’une faillite, une absence à la vie.

Appréhension du vivant, réflexion sur ce qui nous tient debout, Loin de Bissau est de ces petites merveilles qui nous donnent le goût de la vie et nous gardent en vie, pas mort, pas mort du tout.

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2004

L'eau du bain

Dominique Loreau nouvelles • Loustal dessins

11 x 19 cm • 72 pages • isbn 9782930223452

On sonne. Hop !

J’attrape mon sac, j’enfile une légère veste de soie, je descends prestement l’escalier et me jette dans l’infini de la nuit étoilée... Je rejoins mes amis qui, tout guillerets, m’emmènent à une petite fête.

A peine arrivés, ils se précipitent vers des connaissances et disparaissent en me laissant seule au milieu d’une foule inconnue.

Dominique Loreau écrit étrangement d'étranges histoires. Elle nous entraîne de l'autre côté du miroir, en des lieux incertains, tissés de songes et d'inquiétudes. Chacun de ses récits est la retranscription d'un rêve où nous perdons progressivement nos repères, comme un piège où nous pouvons nous égarer et disparaître. Il y a dans L'eau du bain une attirance pour ce qui suscite l'effroi qui nous séduit, car l'enjeu de cette mise à l'épreuve est avant tout d'en exorciser les funestes conséquences. Dominique Loreau met en place les éléments qui vont permettre d'enrayer la mécanique de l'effroi jusqu'à la rendre inopérante. Et c'est là où les qualités de son écriture font merveille. Sans avoir l'air d'y toucher, avec une innocence qui est déjà du grand art, Dominique Loreau fait de chacune de ses nouvelles une petite perle d'humour noir et libérateur où s'opère un détournement du conforme, tonique et vivifiant.

Une magie et un charme opèrent entre le sérieux de ce qui se dit, de ce qui se joue, et la fausse désinvolture d¹une écriture sans faille.

Les dessins de Loustal font écho de manière subtile aux textes : les personnages, tout à la fois expressifs et impassibles, semblent traverser une aventure, dont le sens leur échappe, mais qui doit être vécue jusqu'à ce que tout soit consommé...

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Voyage au Mexique

Nouvelle publiée dans la revue « Voulez-vous partir avec moi ? » éditée aux éditions Complexe.

 

 

A la recherche de la vérité, en fraude

Nouvelle publiée dans Le Ligueur dans la rubrique « Lisez, c’est du belge ».

 

 

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